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Le Grand Prix Historique de Monaco revient pour sa 15ème édition

Le Grand Prix Historique de Monaco revient pour sa 15ème édition

Tous les deux ans, l’Automobile Club de Monaco organise l’un des événements les plus marquants du calendrier du sport automobile. Le Grand Prix de Monaco Historique emprunte le même circuit légendaire utilisé par le Championnat du Monde de Formule 1 et le remplit de voitures de course du passé de ce sport, méticuleusement préservées, entièrement préparées pour la course et pilotées en véritable compétition. Ce n’est pas un défilé, c’est une véritable course, sur l’un des circuits urbains les plus exigeants au monde, dans des voitures qui dans certains cas approchent du siècle.

La 15e édition, qui se déroule du 24 au 26 avril 2026, est la plus vaste de l’histoire de l’événement. L’Automobile Club de Monaco a confirmé un plateau de 205 voitures engagées dans huit séries de courses, couvrant des véhicules datant de 1925 à 1985. Cette gamme raconte l’histoire de 60 ans de Grand Prix en un seul week-end, des Bugattis et Maseratis d’avant-guerre jusqu’aux F1 turbocompressées du début des années 1980. La variété de ce qui passera par Casino Square, l’épingle à cheveux Loews et le tunnel pendant trois jours est franchement stupéfiante.

Le circuit lui-même est une grande partie de ce qui rend cet événement si spécial. La plupart des événements historiques du sport automobile se déroulent sur des circuits permanents. Monaco, c’est autre chose. Le port, le Casino, l’architecture Belle Epoque et le décor méditerranéen donnent à tout ici une qualité qui ne peut tout simplement être reproduite nulle part ailleurs.

Les turbos ont atterri

La grande nouvelle pour 2026 est quelque chose qui était prévu il y a quatre ans et qui a mis du temps à se réaliser. Grâce à un changement dans la réglementation de la FIA, les voitures de Formule 1 turbocompressées concourront pour la toute première fois au Monaco Historique, dans une classe dédiée au sein de la Course G. Ce sont les voitures qui ont couru à Monaco entre 1981 et 1985, une période où la F1 était plus rapide, plus bruyante et considérablement plus dangereuse que presque tout avant ou depuis. Leur arrivée se fait attendre depuis longtemps.

« Le Grand Prix de Monaco Historique est magnifique parce qu’il est très coloré ! Des années 50 aux années 80, les voitures sont toutes différentes. »

Géry Mestre, Président de la Commission des Véhicules Historiques, Automobile Club de Monaco

Cela dit, ils ne constituent pas l’événement principal. Les véritables stars restent les monoplaces atmosphériques de 3 litres, propulsées pour la plupart par le Ford Cosworth DFV V8, un moteur apparu pour la première fois en 1966 et qui a remporté 155 courses de Formule 1. Les trois séries de courses mettant en vedette des voitures de F1 de 3 litres devraient produire la course la plus disputée du week-end.

Un hommage à Niki Lauda

L’affiche officielle de la 15e édition est un hommage à Niki Lauda, ​​marquant les 50 ans de ses victoires consécutives à Monaco en 1975 et 1976. Le design revisite l’affiche originale de l’événement de 1976, avec la Ferrari 312 T de Lauda dans le contexte de la Principauté moderne. C’est une œuvre vraiment magnifique et un choix approprié. Lauda était l’un des pilotes les plus précis et intelligents que le circuit ait jamais connu, et sa Ferrari 312 T est l’une des voitures les plus célèbres de toute l’ère des 3 litres.

L’hommage se poursuit également sur la piste. La course E est nommée en son honneur et présente les voitures de Grand Prix de 1973 à 1976, divisées en deux classes : les voitures propulsées par Ford Cosworth DFV et celles équipées d’autres moteurs. La McLaren M23, vainqueur consécutif de championnats avec Emerson Fittipaldi et James Hunt, et l’extraordinaire Tyrrell P34 à six roues font partie des machines attendues sur la grille. En ce qui concerne les grilles de course, il est difficile de battre.

L’histoire sur chaque grille

L’édition 2026 arrive avec une remarquable collection d’anniversaires. Maserati fête cette année ses 100 ans en course automobile, après avoir fait ses débuts en compétition en 1926. La belle 250F, la voiture qui a gagné à Monaco avec Stirling Moss en 1956 et Juan Manuel Fangio en 1957, participera à la Course A2. Entendre une Maserati 250F à plein bruit dans le tunnel de Monaco fait partie de ces choses qui vous marquent.

Il y a soixante ans, en 1966, la nouvelle réglementation des moteurs de F1 ouvrait la porte à la Ford Cosworth DFV et permettait à McLaren de faire ses débuts en Grand Prix, avec le fondateur Bruce McLaren lui-même au volant. McLaren avait déjà remporté le Grand Prix de Monaco quatre ans plus tôt, en 1962, au volant d’une Cooper-Climax, une voiture désormais régulièrement engagée dans la version historique de la course. Six décennies plus tard, McLaren est l’une des forces dominantes de la Formule 1 moderne, ayant remporté le Championnat du Monde des Constructeurs en 2024. Son record de Monaco s’élève à 58 départs, 15 victoires, 11 pole positions et 28 podiums, bien que la dernière victoire en Principauté remonte à 2008, grâce à Lewis Hamilton.

Les débuts de Guy Ligier en Formule 1 en 1966 marquent également les 60 ans, et 30 ans depuis qu’Olivier Panis a offert à Ligier sa seule victoire à Monaco en 1996, toujours la dernière fois qu’une voiture de fabrication française remporte la course. Ce ne sont pas de simples notes de bas de page. C’est le genre d’histoires qui valent la peine d’assister à cet événement.

Huit courses, une histoire

L’événement est structuré pour emmener les spectateurs à travers l’histoire des courses de Grand Prix par ordre chronologique. La course A1 est réservée aux voitures d’avant-guerre, les Bugatti 35, 37 et 51, ainsi que les premières Maserati que l’Automobile Club de Monaco considère comme l’ADN même du Grand Prix de Monaco. La course A2 couvre l’ère des moteurs avant d’après-guerre. La course C fait ressortir les voitures de sport, Aston Martin, Jaguar et Ferrari des années 1950. Les courses D à G couvrent de 1966 à 1985, se terminant par la nouvelle classe turbo.

Vendredi, c’est entraînement et échauffement. Samedi, c’est qualifications et défilés. Le dimanche est le jour de la course, huit courses consécutives couvrant 60 ans de sport en un après-midi. Chaque voiture présente sur le terrain est véritablement préservée et véritablement prête pour la course. Ce ne sont pas des répliques. Ils sont les vrais, sur le vrai circuit, allant aussi vite que jamais.

Comme rien d’autre dans le sport automobile

Le bruit d’une Ford Cosworth DFV résonnant dans les immeubles de Sainte-Dévote, ou d’une voiture de F1 turbocompressée hurlant dans le tunnel, est le genre d’expérience qui n’a pas besoin d’être beaucoup vendue. Ajoutez à cela le décor de Monte-Carlo fin avril, avec le port plein, le soleil au rendez-vous et la place du Casino bordée de quelques-unes des plus belles voitures de course jamais construites, et l’affaire se pose.

L’édition 2026, avec 205 voitures, une nouvelle classe turbo, un hommage à Niki Lauda et plus d’anniversaires que le programme ne peut confortablement en contenir, est la Monaco Historique la plus convaincante à ce jour. Les rues de Monte-Carlo valent toujours le détour. En avril prochain, ils mériteront également d’être entendus.