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Jeudi 22 octobre 2026 Le média des dirigeants et dirigeantes de PME et d’ETI

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Revue de la semaine : Duralex, Fonderie de Bretagne, Carrefour, Armor-Lux… les entreprises qui ont fait l’actualité

Une verrerie centenaire sauvée mais ses 10 523 prêteurs perdants, une fonderie bretonne liquidée faute de repreneur, des centaines de commerces pillés en marge de la mobilisation contre la vie chère, et quelques belles signatures pour finir. Voici les entreprises qui ont fait l'actualité du 12 au 18 octobre 2026, et ce qu'un dirigeant de PME ou d'ETI doit en retenir.

Verres Picardie de Duralex en plusieurs couleurs
Les verres Picardie, produit phare de Duralex, fabriqués à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret). Photo : La Maison Française du Verre, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

L’essentiel

  • Duralex est repris par la holding Tomé de Cédric Meston : 155 emplois sur 219 conservés, les 7 M€ prêtés par des particuliers ne seront pas remboursés.
  • Fonderie de Bretagne (Caudan, Morbihan) est liquidée le 15 octobre : 244 salariés perdent leur emploi.
  • 17 octobre : environ 1 500 commerçants touchés par les pillages selon la FCD, dont une cinquantaine de magasins Carrefour.
  • Bonnes nouvelles : Armor-Lux décroche l’habillement d’Air France pour cinq ans, la fintech lyonnaise Wavo lève 10 M€.

Duralex : une reprise validée, des emplois sauvés, des prêteurs perdants

Verres Picardie de Duralex en plusieurs couleurs
Les verres Picardie, produit phare de Duralex, fabriqués à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret). Photo : La Maison Française du Verre, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

C’était le dossier le plus attendu de la semaine. Le 14 octobre, le tribunal de commerce d’Orléans a retenu l’offre de la holding Tomé, portée par l’entrepreneur Cédric Meston, face à celle du groupe Carlesimo. Le repreneur conserve 155 des 219 emplois de la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) et présente un plan de 16 M€, dont 6 M€ de prêts publics. Il ne reprend pas les dettes de la Scop.

Le revers de la décision est tombé le lendemain. La plateforme Lita a confirmé que les 10 523 particuliers qui avaient prêté 7 M€ à Duralex en novembre 2025, à 8 % par an, ne seront pas remboursés. La coopérative avait cessé ses paiements à la mi-mai, avant son placement en redressement judiciaire le 1er juin 2026. Une enquête judiciaire, marquée par des perquisitions le 3 septembre, est par ailleurs en cours.

À retenir pour un dirigeant : le financement participatif a sauvé la trésorerie de Duralex quelques mois, pas son modèle économique. Et dans une cession, le repreneur choisit ce qu’il reprend : les créanciers non garantis passent en dernier.

Fonderie de Bretagne : 244 salariés après la liquidation

À Caudan, près de Lorient, l’histoire s’est arrêtée le 15 octobre. Le tribunal de Lorient a prononcé la liquidation de Fonderie de Bretagne (FDB Industries), faute de repreneur. Créée par Renault il y a une soixantaine d’années, l’usine avait été rachetée en mai 2025 par Europlasma, qui voulait la réorienter vers la défense et la production de corps d’obus.

L’incendie d’un four, le 20 janvier 2026, a stoppé net la production. Le redressement judiciaire a suivi en juillet, puis aucune offre n’a été déposée avant la date limite du 11 septembre. Les 244 salariés, 49 ans d’âge moyen, vont relever d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Le délégué CGT Maël Le Goff, le député Damien Girard et le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, ont dénoncé un gâchis industriel et réclamé des comptes à l’actionnaire.

À retenir : quand un seul outil de production porte toute l’activité, un sinistre devient un risque de survie. La garantie perte d’exploitation et un plan de continuité ne sont pas des formalités.

Quatre chiffres clés : 155 emplois sur 219 conservés chez Duralex, 7 M€ prêtés par 10 523 particuliers non remboursés, plan de reprise de 16 M€, 244 salariés licenciés à Fonderie de Bretagne.

17 octobre : le commerce paie la facture des violences

Façade d'un magasin Carrefour Market à Paris
Un magasin Carrefour Market à Paris (photo d’archive). Une cinquantaine de magasins du groupe ont été touchés le 17 octobre. Photo : ErasmusOfParis, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

La mobilisation contre la vie chère du vendredi 17 octobre a réuni 550 000 manifestants selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, dont 110 000 à Paris, et 800 000 selon les organisateurs. En marge des cortèges, des magasins ont été pillés à Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Nantes, Rennes et Bordeaux, mais aussi à Rouen, Toulouse, Pau ou Valence. À Paris, 855 personnes ont été interpellées. À Limoges, l’hôtel de ville a été incendié.

Dès le lendemain, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour et président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), a avancé de premiers chiffres sur LCI. Une cinquantaine de magasins du groupe ont été touchés, pour des dégâts estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros. À l’échelle du secteur, il évoque 1 500 commerçants directement touchés et une facture de plusieurs centaines de millions d’euros. Il demande d’accélérer les indemnisations, car certains partenaires de l’enseigne sont, selon lui, « en risque financier ».

La Facap, qui fédère les acteurs du commerce associé, réclame elle aussi un soutien. Le ministre Serge Papin assure que l’État est « mobilisé à Bercy ». Le gouvernement promet des sanctions : une proposition de loi dite « casseurs-payeurs » doit être examinée au Sénat à partir du 27 octobre.

Marseille et Lyon : les enseignes touchées une à une

La rue commerçante Saint-Ferréol à Marseille
La rue Saint-Ferréol, artère commerçante du centre de Marseille (photo d’archive). Photo : yisris, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Marseille a payé un lourd tribut dans la nuit du 17 octobre. Le Centre Bourse a été pillé et les Terrasses du Port ont fermé leurs portes. Dans l’hypercentre, des boutiques Mauboussin, Longchamp, Gertrude, Armenak, SFR, JD Sports et Armand Thierry ont été vandalisées. Rue Grignan, les vitrines du luxe, dont Chanel, ont aussi été visées. La CCI Aix-Marseille-Provence de Jean-Luc Chauvin a ouvert une cellule de crise pour les commerçants sinistrés, et l’UPE 13 réclame un accompagnement rapide.

À Lyon, les dégradations avaient commencé dès la mobilisation du 13 octobre : huit agences bancaires, deux agences d’assurance, un supermarché et une station-service ont été vandalisés, selon CNews.

À retenir : la plupart des contrats multirisques couvrent les émeutes, mais la perte d’exploitation dépend des clauses et des franchises. C’est le moment de relire vos polices, site par site, avec votre courtier.

Les bonnes nouvelles de la semaine

Boutique Armor-Lux à Rennes
Une boutique Armor-Lux à Rennes. Le groupe quimpérois habillera les équipes d’Air France à partir de 2027. Photo : Paolo Trabattoni, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Armor-Lux habille Air France. Le groupe textile de Quimper, via sa filiale Armor Développement, a remporté l’appel d’offres des uniformes d’Air France. Le contrat de cinq ans débute en juillet 2027 et porte sur environ 400 000 pièces par an pour plus de 30 000 salariés d’Air France, HOP! et Transavia France. La production sera répartie entre la France, l’Italie, la Tunisie et le Maroc.

Wavo lève 10 M€. La fintech lyonnaise, lancée en 2024, a bouclé le 13 octobre un tour de table mené par Eurazeo, avec Axeleo et HUB612. Son modèle intéresse directement les PME : Wavo rachète une partie de leurs stocks et les leur revend au fil des ventes, ce qui libère de la trésorerie sans endettement. Ses agents d’IA analysent chaque soir environ 15 millions de références produits pour en estimer la valeur.

Aussi dans l’actualité

  • Mazaud (BTP, Lyon) : l’entreprise familiale centenaire, 100 salariés et 43 M€ de chiffre d’affaires, a été placée en redressement judiciaire le 11 octobre. Elle impute ses difficultés à la résiliation d’un chantier lyonnais achevé à 85 %, qu’elle conteste en justice. Les chantiers continuent.
  • Prêteurs de Duralex : l’affaire relance le débat sur l’information des épargnants dans le financement participatif d’entreprises en difficulté.
Quatre chiffres : 550 000 manifestants selon l'Intérieur, 855 interpellations à Paris, environ 1 500 commerçants touchés, une cinquantaine de magasins Carrefour touchés.

Ce qu’il faut retenir

  • Une procédure collective protège l’entreprise, pas ses prêteurs : les créanciers non garantis de Duralex le découvrent.
  • Un site unique sans plan de continuité, c’est un risque de survie, comme à Caudan.
  • Relisez avec votre courtier la clause émeutes et la garantie perte d’exploitation de chaque point de vente.
  • Le financement des stocks hors dette, comme le propose Wavo, peut soulager le BFR d’une PME de négoce.
  • Les grands donneurs d’ordre achètent encore « made in Europe » : la victoire d’Armor-Lux le montre.

Questions fréquentes

Pourquoi les prêteurs de Duralex ne seront-ils pas remboursés ?

Le repreneur, la holding Tomé, rachète les actifs et une partie des emplois sans reprendre les dettes de la Scop. Les 7 M€ prêtés via Lita sont des créances non garanties : elles ne seront payées que si la liquidation de l’ancienne structure laisse des fonds, ce que la plateforme exclut.

Combien de commerces ont été touchés le 17 octobre ?

Selon Alexandre Bompard, président de la FCD, environ 1 500 commerçants ont été directement touchés, dont une cinquantaine de magasins Carrefour. Le coût total est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, un bilan encore provisoire.

Mon assurance couvre-t-elle les pillages ?

Les contrats multirisques professionnels couvrent en général les émeutes et mouvements populaires. La perte d’exploitation n’est indemnisée que si elle figure au contrat. Il faut déclarer le sinistre dans les délais prévus, souvent cinq jours ouvrés, avec photos et dépôt de plainte.

Sources