Présidentielle 2027, entreprises : ce que la grande distribution prépare
Face à la présidentielle 2027, entreprises et fédérations doivent-elles attendre les programmes ou peser dès maintenant ? Les patrons de la grande distribution ont tranché : ils reçoivent ensemble les candidats depuis juin 2026. Voici ce que révèle leur démarche et comment une PME ou une ETI peut s'en inspirer.
L’essentiel
- Depuis juin 2026, la FCD reçoit les candidats à la présidentielle, dont Bruno Retailleau et Gabriel Attal.
- Les échanges nourriront un livre blanc adressé aux candidats avant l'élection.
- La TVA sociale divise : Dominique Schelcher la défend, Thierry Cotillard la rejette.
Une démarche collective engagée dès juin 2026
Selon l’AFP, qui confirmait début septembre 2026 une information de La Lettre et du Parisien, les principaux patrons de la distribution reçoivent ensemble les candidats pour « porter les attentes du secteur ». Depuis juin, Bruno Retailleau (LR) et Gabriel Attal (Renaissance) ont été entendus dans les locaux de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).
Autour de la table siégeait le bureau de la fédération. On y trouvait sa déléguée générale, Judith Jiguet, ainsi qu’Alexandre Bompard (Carrefour), Philippe Michaud (E.Leclerc) et Thierry Cotillard (Mousquetaires/Intermarché). Barthélémy Guislain (galaxie Mulliez, dont Auchan) et Dominique Schelcher (Coopérative U) complétaient le bureau.
D’après La Lettre, d’autres candidats possibles ou déclarés suivront « d’ici à février ». Étaient cités François Hollande, Fabien Roussel (PCF) et Édouard Philippe (Horizons). Une source proche du dossier indiquait aussi que la FCD entendait recevoir tous les prétendants, dont Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI). Sollicitée par l’AFP, la fédération n’a pas souhaité commenter.
Pourquoi parler d’une seule voix change la donne
Ces rencontres doivent nourrir un livre blanc destiné aux candidats. Autrement dit, des concurrents acharnés mettent de côté leur rivalité pour défendre un socle commun. Un candidat écoute davantage un secteur unifié qu’une juxtaposition de doléances.
Par ailleurs, le calendrier compte. Un programme se construit des mois avant le scrutin. Une fois imprimé, il bouge peu. Intervenir avant février, c’est donc influencer les arbitrages au moment où ils se prennent. D’ailleurs, l’actualité montre souvent les élus convoquer les patrons, comme lorsque les députés ont interpellé les chefs de l’énergie. Ici, la logique s’inverse : ce sont les entreprises qui fixent l’ordre du jour.
TVA sociale : un désaccord révélateur
Pourtant, l’unité a ses limites. Le mardi 1er septembre 2026, sur France Inter, Dominique Schelcher a de nouveau proposé d’augmenter la TVA, hors « produits de première nécessité ». En échange, il souhaite un allègement des cotisations sociales pour permettre des hausses de salaires.
Le même jour, sur RMC, Thierry Cotillard s’est dit « pas favorable » à une « forme de TVA sociale ». Selon lui, « La solution qui est à chaque fois de trouver une taxe » n’en est pas une. Il appelle plutôt à s’attaquer à « la dépense » publique.
À savoir — La TVA sociale consiste à transférer une partie du financement de la protection sociale des cotisations sur le travail vers la consommation. Elle allège le coût du travail, mais renchérit les prix payés par les ménages. Ses effets dépendent donc de votre structure de coûts et de la sensibilité de vos clients aux prix.
Présidentielle 2027, entreprises : ce qui se joue pour vous
Ce débat dépasse la grande distribution. En effet, une réforme de la TVA ou des cotisations toucherait toute entreprise employant des salariés et vendant au consommateur final. Prenons une ETI agroalimentaire fictive, fournisseur des enseignes. Une baisse de charges réduirait son coût salarial. Mais une hausse de TVA pèserait sur les volumes vendus en rayon. Son intérêt net dépend de ce rapport.
De plus, les grandes fédérations défendront d’abord leurs membres les plus puissants. Si vous ne formulez pas vos propres attentes, d’autres le feront à votre place. Enfin, l’échéance s’ajoute à des chantiers déjà fixés, comme la facture électronique en 2027.
Méthode : faire entendre votre voix en cinq étapes
- Listez les trois mesures publiques qui pèsent le plus sur votre compte de résultat : fiscalité, coût du travail, énergie.
- Chiffrez en interne l’effet de deux scénarios opposés, par exemple une TVA sociale et une baisse des dépenses publiques.
- Identifiez votre fédération professionnelle et votre chambre de commerce, puis demandez leur calendrier de contributions.
- Rédigez une note d’une page : constat, mesure souhaitée, effet attendu sur l’emploi local.
- Recevez, avec d’autres dirigeants, les candidats aux législatives de votre territoire.
Pour suivre les autres arbitrages qui façonneront vos choix, consultez notre rubrique Stratégie.
Ce qu’il faut retenir
- Anticipez : contribuez avant février, quand les programmes se fixent.
- Chiffrez l’effet d’une TVA sociale sur vos coûts et vos ventes.
- Rejoignez ou mobilisez votre fédération pour porter une position commune.
- Formulez vos attentes en une page, chiffrée et argumentée.
- Préparez deux scénarios fiscaux opposés pour l’après-2027.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la FCD et pourquoi reçoit-elle les candidats ?
La Fédération du commerce et de la distribution est l'organisation qui représente les grandes enseignes. Depuis juin 2026, son bureau reçoit les candidats à la présidentielle pour porter les attentes du secteur. Ces échanges doivent nourrir un livre blanc remis aux candidats avant l'élection.
La TVA sociale serait-elle bonne pour une PME ?
Tout dépend de sa structure. Une entreprise à forte masse salariale gagnerait à la baisse des cotisations. En revanche, une entreprise vendant au consommateur final pourrait souffrir d'une hausse des prix. Chiffrez les deux effets avant de prendre position.
Comment une PME peut-elle peser sur les programmes présidentiels ?
Le plus efficace reste de passer par sa fédération professionnelle ou sa chambre de commerce. Une note courte, chiffrée et commune à plusieurs entreprises a plus de poids qu'une démarche isolée. Le calendrier compte : il faut intervenir avant que les programmes soient arrêtés.


